Il est là chaque année. Depuis que je jardine ce coin d'Ariège, il y a toujours un rouge-gorge au fond du jardin. Peut-être pas le même individu chaque saison — les rouges-gorges vivent en moyenne 2 à 3 ans dans la nature — mais il y a toujours un. Une présence familière, presque domestique, qui m'accompagne dans le jardin.
Il a ses habitudes. Quand je retourne la terre à la grelinette, il est là en quelques secondes, à 50 centimètres de mes pieds, à guetter les vers de terre dérangés. Il ne fuit pas. Il observe, il attend, il plonge. Il me regarde travailler avec cet œil vif et légèrement de côté qui est sa façon bien à lui de regarder le monde.
Pourquoi le rouge-gorge n'a pas peur
Le rouge-gorge européen (Erithacus rubecula) est l'un des oiseaux les plus familiers avec l'être humain. Cette tolérance à notre présence n'est pas un hasard — elle est liée à une coévolution avec le travail du sol humain. Depuis que les humains labourent et bêchent, le rouge-gorge a appris à associer cette activité à une source de nourriture facile : vers, larves, petits insectes retournés par le travail du jardinier.
En Grande-Bretagne, cette familiarité est si profonde que le rouge-gorge est considéré comme le "bird of the gardener" — l'oiseau du jardinier. Les jardiniers britanniques le nourrissent parfois à la main. En Ariège, on n'en est pas là, mais l'idée n'est pas si folle.
Sa vie en hiver
En février, le rouge-gorge est un solitaire territorial. Il défend son territoire d'hivernage — quelques centaines de mètres carrés — contre tout congénère. C'est pour cette raison qu'on l'entend chanter en hiver : ce beau chant mélancolique, grave et flûté, n'est pas un chant d'amour mais un avertissement aux voisins.
Il chante même la nuit, près des éclairages urbains — il confond la lumière artificielle avec l'aube. Dans nos campagnes ariégeoises, sans éclairage nocturne, il se tait à la nuit tombée. Son chant du matin, lui, commence avant le lever du soleil — parmi les premiers de l'aube avec la grive musicienne.
Favoriser sa présence
Le rouge-gorge niche volontiers dans les cavités basses — tas de bois, haies épaisses, recoins de murs, même de vieilles bottes de jardin laissées de côté. Il préfère les nichoirs à façade ouverte aux nichoirs à trou rond. Une simple planche inclinée contre un mur, à 50 cm de hauteur, avec quelques branchages devant pour le dissimuler, peut l'attirer.
En hiver, proposez-lui des vers de farine séchés (disponibles en animalerie) — c'est sa friandise absolue. Quelques vers sur une souche ou une pierre plate, et il sera là en quelques minutes. Avec de la régularité, certains rouges-gorges finissent par manger dans la main de leur jardinier. Je n'en suis pas encore là avec le nôtre, mais j'essaie.
Expédition 24h après validation — Livraison Mondial Relay GRATUITE sur toute la boutique