Publié le 30 mai 2026 · 6 min de lecture · Carnet de Terre

Jardin

Il n'est peut-être pas le plus spectaculaire du jardin, mais le mûrier pleureur est sans conteste l'un des plus généreux et des plus fidèles. Je l'ai planté il y a quelques années et chaque printemps, dès la mi-mai, je ramasse un bol entier de mûres rouge foncé chaque matin. Tendres, sucrées, gorgées de soleil. Et l'arbre ne me demande absolument rien en retour.

Ce qu'est vraiment le mûrier pleureur

Le mûrier pleureur est une forme cultivée du mûrier (Morus 'Pendula'), sélectionnée pour ses branches qui retombent élégamment jusqu'au sol, comme un saule. Ce n'est pas le mûrier sauvage des haies — c'est un vrai arbre, greffé sur porte-greffe standard, qui atteint 3 à 5 mètres de hauteur et 4 à 6 mètres d'envergure avec ses branches tombantes.

Ses fruits sont rouge foncé à noirs à pleine maturité, juteux, sucrés avec une légère acidité. En Ariège, les premières mûres arrivent dès la mi-mai — bien avant les cerises. La production dure jusqu'en juillet selon les années.

Une production extraordinaire, sans effort

Ce qui m'a stupéfait la première année de production : la quantité. Un mûrier pleureur adulte produit des kilogrammes de fruits chaque jour pendant 6 à 8 semaines dès la mi-mai. Ce n'est pas une exagération. Dès la mi-mai, les branches tombantes sont couvertes de fruits qui tombent d'eux-mêmes à maturité.

La technique de récolte la plus simple : étendez une grande bâche ou un vieux drap sous l'arbre, secouez légèrement les branches, et ramassez ce qui est tombé. En cinq minutes, vous avez un bol plein. Les mûres ne se conservent que quelques heures une fois tombées — elles s'écrasent et fermentent rapidement. Il faut les consommer ou les congeler dans les heures qui suivent la récolte.

Attention aux taches : Le jus de mûre tache les mains, les vêtements et les terrasses de façon quasi définitive. Récoltez en vêtements que vous ne regrettez pas, et ne faites pas sécher les mûres tombées sur une terrasse claire. La bâche de récolte est vraiment indispensable.

Zéro entretien, vraiment

Je n'arrose pas mon mûrier pleureur. Je ne le taille pas (ou très légèrement pour contenir ses branches les plus longues). Je ne le traite pas. Je ne lui apporte aucun engrais. Il pousse dans mon jardin ariégeois, dans un sol ordinaire, avec les pluies naturelles, et il produit généreusement chaque été depuis qu'il est en âge de le faire.

Sa résistance aux maladies est remarquable. Je n'ai jamais vu la moindre attaque fongique, le moindre puceron en quantité problématique, le moindre signe de dépérissement. C'est un arbre robuste, adapté à nos latitudes, qui prospère sans aide.

Son intérêt ornemental

Au-delà des fruits, le mûrier pleureur est un très bel arbre. En hiver, ses branches nues et retombantes ont une silhouette sculpturale. Au printemps, les feuilles vert tendre apparaissent et tombent en cascade. En été, le feuillage dense crée une ombre épaisse et fraîche — c'est un refuge contre la chaleur ariégeoise. Certains jardins l'utilisent comme tonnelle naturelle en laissant les branches toucher le sol de tous côtés, créant une alcôve verte où l'on peut s'asseoir.

Si vous avez 4 m² de place dans votre jardin et que vous voulez un arbre beau, utile, généreux et sans contrainte, plantez un mûrier pleureur. Vous ne le regretterez pas.

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